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Une combativité intacte. Mais toujours la même attitude de lamentation et cette manie (feinte ou naturelle ?) de ne pas comprendre les questions et de répondre à côté par d'interminables conjectures, ce qui a valu une amusante réplique de l'avocat général Fernandez empruntée aux tontons flingueurs. « C'est curieux cette manie de faire des phrases ! »

Légèrement amincie, moins fardée et sobrement mais élégamment vêtue, Djamila M'Barek, a plutôt mal commencé le long marathon judiciaire qui s'est engagé hier à Aix-en-Provence devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône. La juridiction examine en appel jusqu'au 13 février l'assassinat à Cannes en novembre 2004 de Lord Anthony Ashley Cooper, dixième comte de Shaftesbury. En première instance, à Nice, la troisième épouse de l'aristocrate anglais qui vivait entre son domaine du Dorset en Angleterre et la Croisette où il s'encanaillait dans les bars à hôtesses avait été reconnu coupable au terme de quatre jours de débats et condamné à 25 ans de réclusion criminelle en compagnie de son frère, Mohamed M' Barek. Ce dernier ayant renoncé à faire appel, c'est finalement seule que cette jolie femme de 47 ans, mère de deux enfants, va être jugée.

Interné d'office en milieu carcéral, Mohamed M' Barek ne sera même pas entendu a confirmé le président Patrick Vogt, un ancien substitut niçois qui a la saisissante même voix que Jean Yanne.

La « Comtesse » a été à de maintes reprises mise en difficulté hier lors de son interrogatoire par un président très habile. De surcroît, Me Gérard Bismuth, un avocat marseillais intervenant en renfort de Me Franck de Vita, son conseil « historique », a eu un incident avec la partie civile en estimant « que les Anglais avaient été mieux traités que la Tunisienne pendant l'instruction ». « C'est une défense de caniveau » s'est emporté Me Philippe Soussi, l'avocat de la famille du Lord à l'adresse de Me Bismuth qui a d'ores et déjà annoncé qu'il plaidera l'acquittement.

« Un témoin oculaire »

Brouillonne, maladroite, imprécise au point de désespérer ses défenseurs qui sont obligés de lui suggérer des réponses, celle qui est incarcérée depuis quatre ans a maintenu sa version d'une bagarre ayant mal tourné entre le lord et son frère Mohamed au sujet d'une dette de 10000 euros. « Je n'ai été qu'un témoin oculaire et c'est même grâce à moi que l'enquête a avancé » soutient la veuve dont la mémoire est défaillante lorsqu'il s'agit de rentrer dans les détails du scénario qu'elle livre. « Ça fait quatre ans, je ne me rappelle pas ». « C'est vrai mais s'il n'y avait pas cette affaire on ne serait pas là » lui répond le président.

A-t-elle demandé à son frère d'éliminer son mari contre 150000 euros pour l'empêcher de divorcer et d'épouser Nadia, une hôtesse de bar dont il s'était entiché, comme le soutient l'accusation ? Le commandant de police Alain Brunache chef de la brigade criminelle à l'époque et directeur d'enquête a même parlé de « guet apens » lors d'un long exposé en fin de journée. Pour lui, le mobile était clairement l'argent et ce divorce qu'elle redoutait.

« Pas du tout, s'emporte son avocat, c'est elle qui est allée voir un avocat pour divorcer, elle n'en pouvait plus des frasques de son mari » assène Me Bismuth.

« Un soir, je suis rentrée, il y avait une fille en string dans l'appartement, des Arabes bas de gamme et Anthony qui avait un magnum de Ricard vide à la main, c'était l'apocalypse, Orange mécanique» répète plusieurs fois l'accusée qui brosse un portrait peu flatteur de son mari.

Elle dit l'avoir épousé par pitié, puis par admiration, puis ça s'est transformé en amour dit-elle au milieu d'un flot de paroles. « Comment avez-vous connu le lord ? » lui demande le président. « Je ne fréquentais pas les bars à champagne, je n'étais ni prostituée ni hôtesse de l'air » lâche hâtivement l'accusée, visiblement déstabilisée.

Le président ayant répété qu'il prendra le temps qu'il faudra, elle a encore neuf jours pour faire la différence et convaincre. Mais, hier soir, l'avocat général a marqué des points en faisant dire au responsable de l'enquête qu'elle était très probablement au courant de l'alibi que s'est construit son frère lors d'un aller-retour express en Allemagne. Arrivé à Cannes le 2 novembre pour un séjour jusqu'au 9, il est subitement reparti le 3 pour revenir le 4 en voiture alors que le Lord arrivait justement le 3 en France en provenance d'Angleterre. Vérifiées, les raisons de ce voyage impromptu ont fait long feu. Ses enfants n'ont jamais été malades comme Mohamed l'avait assuré.

Pourquoi Jamila a-t-elle payé le billet de son frère le 3, si elle n'était pas au courant de ses projets ? Etait-elle sous sa coupe au point d'exécuter ses moindres volontés. Elle a toujours assuré avoir été rackettée par ce frère qui n'est plus là pour s'expliquer.

Utilisera t-elle cet argument ? Reprise des débats ce matin.

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