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La priorité d'emploi aux nationaux n'est pas une particularité monégasque, mais bel et bien une loi que certains employeurs, comme la SBM, ne respectent pas toujours.Eric Dulière
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«Je vous ai entendus. Je pense qu'il y a un problème à la Société des bains de mer, en ce qui concerne la priorité à l'embauche des Monégasques. Je vais essayer de le régler. Je n'en conteste pas la réalité. » Le ministre d'État, Jean-Paul Proust, n'a pas cherché des chemins de traverse. Interpellé par l'ensemble des élus du Conseil national, il a abondé dans leur sens, ce qui n'aura pas toujours été le cas lors des débats du budget rectificatif entamés jeudi ! (notre édition d'hier).

Jean-Charles Gardetto (UP), président de la commission des Relations extérieures avait lancé le sujet. « Le prince souverain a incité nos jeunes à aller se former ailleurs. Mais quand ils rentrent à Monaco, c'est un véritable parcours du combattant. » Et l'élu de frapper fort, très fort : « La Société des bains de mer pratique une véritable épuration ethnique ! Mais ce n'est pas la seule ».

Monaco Telecom aussi

« Chez Monaco Telecom, a encore dit le conseiller national, les Monégasques sont passés de 25 à 19. Certains sont obligés de retirer leur nationalité de leur curriculum vitae pour obtenir ne serait-ce qu'un entretien. »

Claude Cellario (UNAM) a, lui, proposé de créer une cellule de recrutement des Monégasques.

Pour Sophie Bouhnik-Lavagna (UP), « le respect de la priorité nationale est une question de survie. Ce n'est pas un privilège, car nous sommes une minorité. Je me fais du souci pour l'avenir de nos enfants et de ceux qui font des études ».

Le débat a provoqué un large consensus. L'assemblée a parlé d'une seule voix, y compris dans les rangs de l'opposition. « C'est un sujet délicat, a prévenu Christophe Steiner (R & E). Il faut défendre la préférence nationale à compétence égale. Mais cela doit se faire autant dans le privé que dans l'administration. »

Stéphane Valeri, président du Conseil national, a rappelé au ministre d'État que les élus de son assemblée ne faisaient que demander « l'application de la loi et de la constitution. Ces priorités accordées aux Monégasques doivent être appliquées à diplôme et compétence égale ». Et de renchérir : « Jamais un élu des Monégasques n'ira défendre quelqu'un qui n'a pas les compétences requises pour un poste. Si nous ne faisons pas respecter cette préférence, il n'y aura plus de Monégasques à Monaco. À la Société des bains de mer, huit des neuf postes d'encadrement sont assurés par des gens venus de l'extérieur ». Et de résumer le sentiment général : « C'est inacceptable, nous sommes exaspérés. »

La ligne budgétaire a été rejetée. Les 21 conseillers nationaux UPM ont voté contre. « Nous sommes las et mécontents », a commenté Bernard Marquet (UNAM). L'opposition « R & E » s'est abstenue.

L'assemblée semble avoir été entendue par le gouvernement, mais comme Saint-Thomas, elle attend de voir pour y croire...

UP : Union pour la Principauté

UNAM : Union nationale pour l'avenir de Monaco

UPM (UP + UNAM) : Union pour Monaco

R & E : Rassemblement et enjeux pour Monaco

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