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Catherine Deneuve (Renée Le Roux), Guillaume Canet (Agnelet) et Adèle Haenel (Agnès Le Roux) sur le plateau de Canal Plus lors de la présentation du film au festival de Cannes en mai dernier.Patrice Lapoirie
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Très attendu sur la Côte d’Azur, le film d’André Téchiné sort aujourd’hui dans les salles

Trente-sept ans et trois procès d'assises après les faits, l'affaire Agnelet-Le Roux garde son mystère et continue de susciter curiosité et passions.

Condamné en avril dernier à 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre d'Agnès Le Roux (dont le corps n'a jamais été retrouvé), Maurice Agnelet clame toujours son innocence et attend en prison que la Cour de cassation décide de l'ouverture ou non d'un quatrième procès. Dans l'intervalle, sort ce mercredi, L'Homme qu'on aimait trop, le film qu'André Téchiné a consacré à l'affaire, avec Guillaume Canet dans le rôle de Maurice Agnelet et Catherine Deneuve dans celui de la mère d'Agnès, Renée Le Roux, qui s'est battu toute sa vie pour faire condamner l'avocat pour le meurtre de sa fille.

Tournage à Nice

Bien que basé sur le livre de Renée Le Roux, écrit avec son fils Jean-Charles (qui a également cosigné le scénario), le film ne prend pas partie sur la culpabilité ou l'innocence d'Agnelet et ne livre aucune piste sur la disparition d'Agnès. Il se contente de reconstituer, dans les décors d'époque, les relations conflictuelles entre Renée Le Roux, alors patronne du casino du Palais de la Méditerranée, et son jeune et ambitieux avocat, Maurice Agnelet ; la rencontre de celui-ci avec Agnès Le Roux (jouée par Adèle Haenel), qu'il séduit et convainc de vendre ses parts du casino à Jean-Dominique Fratoni (Jean Corso), son ennemi juré, contre 3 millions de francs ; la disparition d'Agnès à la Toussaint 1977 et le combat de Renée Le Roux, convaincue qu'Agnelet a tué sa fille pour s'emparer de son argent, pour le faire condamner.

Le film s'achève, trente ans plus tard, avec l'ouverture du premier procès devant les assises des Alpes-Maritimes. Il ne tient donc pas compte des derniers développements de l'affaire. Un carton rappelle simplement, en fin de projection, les dernières décisions de justice.

Présenté, hors compétition, au Festival de Cannes au mois de mai dernier, L'Homme qu'on aimait trop a reçu un accueil mitigé de la critique. Le public azuréen sera peut-être moins sévère, ne serait-ce que parce que le tournage s'est en grande partie effectué à Nice et dans ses environs, entre mai et juillet 2013.


L'avis de notre chroniqueur cinéma Philippe Dupuy :
"Une reconstitution honnête mais timide
"

On se demande bien ce qui a pu intéresser le réalisateur de Barocco, d'Hôtel des Amériques et desÉgarésdans l'affaire Agnelet-Le Roux. Film de commande, basé sur les mémoires de Renée Le Roux (écrites avec son fils Jean-Charles qui cosigne le scénario), L'Homme qu'on aimait trop livre de l'affaire, une reconstitution honnête - pour ne pas dire timide -, sans prendre position sur la culpabilité ou l'innocence d'Agnelet, ni donner la moindre piste sur la disparition d'Agnès. Ceux qui connaissent bien le dossier n'apprendront rien, ceux qui en ignorent tout risquent de ne pas être passionnés par cette histoire de famille d'un autre temps.

Guillaume Canet, qui joue Maurice Agnelet jeune, puis plus vieux de trente ans, lors du premier procès d'assises (bonjour le maquillage !), en donne une image de séducteur et d'arriviste, sans le rendre totalement antipathique. Catherine Deneuve, censée être l'héroïne du film, n'est pas spécialement à son avantage en permanentes décolorées et robes années 70.

Nice et ses environs sont filmés comme de simples décors, sans grande originalité (la terrasse de la maison de Renée Le Roux est la même que celle de la famille Grimaldi dans Grace de Monaco…). La « guerre des casinos de la Côte d'Azur » et le contexte politique local ne sont que très brièvement évoqués et de manière plutôt caricaturale. Le comble étant atteint lors d'une fête mafieuse chez Fratoni qui hésite entre Scarface et Jean de Florette

Téchiné, qu'on a connu plus inspiré dans le traitement d'un fait divers (La Fille du RER), semble s'être surtout attaché au personnage d'Agnès, qu'Adèle Haenel ressuscite à l'écran dans toute la fougue de sa jeunesse. Elle constitue la meilleure raison d'aller malgré tout voir ce film, qui n'ajoutera rien à la carrière d'André Téchiné, ni au dossier Le Roux-Agnelet.


L'avis de notre chroniqueur judiciaire Jean-Paul Fronzes :
"Un long-métrage trop neutre"

Pour qui s'est intéressé à la célèbre énigme criminelle, pour qui a suivi les différents procès d'assises, aussi longs - quatre semaines chacun - que denses, le film est forcément réducteur et décevant. De trente-cinq ans d'intrigues et d'enquête, le réalisateur n'a voulu retenir que les relations du triangle Maurice Agnelet, Renée et Agnès le Roux. Laissant de côté des personnages, certes de second plan, mais essentiels à la compréhension de l'ensemble, tels que les amis, les sœurs et le frère d'Agnès.

André Téchiné a également souhaité réaliser un long métrage ne se prononçant pas sur l'innocence ou la culpabilité du « beau Maurice ». D'où sans doute un Don Juan, joué par Guillaume Canet, plus lisse et convenu. Un séducteur plus opportuniste que prédateur ou simplement manipulateur, un homme sans les outrances verbales dont fit preuve le véritable Maurice lors des audiences, sans le rire sardonique et le cynisme que lui prêtèrent tous ceux l'ayant côtoyé. Le réalisateur a-t-il eu peur qu'en montrant à l'écran un autre visage de l'accusé, il soit taxé de partialité ou il encourt une censure ?

Adèle Haenel semble restituer, avec talent, une Agnès Le Roux beaucoup plus proche de la réalité. Une jeune femme libre pour l'époque, peu intéressée par le monde des tapis verts et par l'argent, néanmoins déterminée à récupérer sa part d'héritage pour combler les besoins de Maurice. Un amant absent et détaché, dont on peine à croire qu'il a pu, dans la vraie vie, prévenir ainsi Agnès : « Tu sais, je ne suis pas un cadeau » ou la supplier de ne pas tenter à nouveau de mettre fin à ses jours.

Le film se termine avec le verdict d'acquittement du premier procès de Nice. Suivent sur l'écran quelques lignes énonçant le résultat des suivants. Et si la faiblesse de « L'homme qu'on aimait trop » était d'avoir versé dans une neutralité sans aspérité ?


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Vos derniers commentaires
16/07/2014 à 20h19

j'ai entendu Canet et Deneuve a la télévision, parler d'agnelet, Canet qui est bien vivant n'hésitait pas a salir le personnage "en disant qu'il était indifférent au sort d'Agnès Leroux, ah ah il n'avait jamais vu ça un etre pareil etc.... puis Deneuve qui ne l'est plus depuis longtemps ajoutait " il n'avouera jamais" ils aboient avec la petite meute coupable, coupable, et s'il ne l'était pas, devrait il avouer un crime ou une disparition qui ne le concerne pas, ou s'entêter jusqu'à la mort a plaider non coupable, comme l'a fait en son temps allègre, en employant des moyens forts allant jusqu'à s'estropier, lorsqu'aucune preuves matériels ou scientifiques ne viennent étayer la culpabilité on se tait, on fait amende honorable, ce sont donc des propos et des gens nuisibles la conviction ça ne suffit pas

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