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Le siège de la BNP WM à Monaco
Le siège de la BNP WM à MonacoMichaël Alesi
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L'association Sherpa qui traque les "crimes économiques" pointe du doigt des circuit financiers opaques qui alimentaient, via une "blanchisseuse africaine", la filiale monégasque de la BNP-Paribas.

La blanchisseuse africaine, c'est comme ça qu'entre collègues de la BNP Monaco, on appelait la cellule Afrique, assure un ancien de la banque, parti à la concurrence. Il évoque « des montagnes de chèques » expédiés par courrier en Principauté depuis Madagascar, le Gabon ou encore le Burkina Faso…

Il pourrait ainsi y avoir dans les livres de comptes de la BNP WM Monaco des « centaines de millions d'euros » d'argent, si ce n'est sale, à la provenance du moins suspecte. C'est en tout cas, ce qu'estime Sherpa, l'association qui traque les « crimes économiques ».


infographie: François-Philippe Langlade

« Nous avons écrit au procureur général de Monaco, Jean-Pierre Dreno, explique Jean Merckaert, pour porter à sa connaissance cette affaire et lui demander d'ouvrir une enquête. » Le procureur général confirme « avoir reçu le courrier de Sherpa ». « J'ai pris contact avec cette association afin qu'elle me transmette les éléments qui sont en sa possession, ajoute Jean-Pierre Dreno qui, en fonction, avisera ».

Une faille monégasque

Si des investigations devaient être menées sur le Rocher, il ne faudrait pas se limiter à la BNP estime un ancien banquier monégasque. Sous couvert de l'anonymat, il confie qu'à sa connaissance « au moins quatre autres établissements installés en Principauté ont mis en place le même système ». Un système parallèle de « compensation » qui n'aurait pas pu fonctionner au Luxembourg, au Lichtenstein ou en Suisse car il exploite « une faille spécifique à Monaco », une principauté souveraine, certes, mais cernée par la France. Si bien que les modes de paiement de sa grande voisine ont libre cours sur le Rocher. Y compris les chèques français qui y sont encaissés aussi facilement qu'à Nice, Marseille ou Tourcoing.

La Principauté fonctionne un peu comme si elle était le 101e département français. Une exception d'autant plus notable que les chèques bancaires ont mauvaise réputation à l'étranger. Ils ne sont presque jamais acceptés, car difficilement encaissables sauf au prix de lourdes commissions et de toutes aussi pesantes démarches administratives. Et pourtant, des dizaines de touristes français de passage en Afrique de l'Ouest se seraient vues proposer ces dernières années de payer en chèque leurs frais de voyage : change, hôtel, souvenirs… Peu importe, tant que le montant n'excédait pas 5 000 euros, en-deçà duquel le contrôle sur l'origine des fonds est moins strict. L'argent des touristes français n'aurait rien de suspect. Celui, en cash, qui aurait ensuite servi à racheter leurs chèques l'est davantage. Car, c'est par centaines, voire milliers, que les titres de banques françaises auraient ainsi été détournés de leur destination en Afrique, soigneusement collectés, puis envoyés par courrier à Monaco pour y être encaissés sur des comptes offshore ouverts par des prête-noms malgaches, congolais, béninois…

Le chèque remplace la valise de cash

Les circuits de cette nouvelle forme d'évasion fiscale dénoncée par Sherpa sont originaux. D'abord, parce que ce sont des chèques de banque qui font en quelque sorte office de « valise » pour permettre à l'argent de passer les frontières. Ensuite, parce que ces flux opaques ne partent pas de France pour atterrir dans des îles exotiques, mais d'Afrique pour garnir les comptes consolidés d'une banque dont la France est actionnaire !

Seule demeure cette même interrogation commune à tout système financier opaque : d'où vient l'argent ? En l'occurrence, les milliards de francs CFA et d'Ariary (la monnaie malgache). Les bénéfices au black de quelques commerçants soucieux d'éviter les taxes de leurs pays ? Sans doute. Le fruit de trafics ou d'activités criminelles ? On peut le craindre. Seule une enquête judiciaire pourra le déterminer.

 


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Vos derniers commentaires
10/05/2013 à 10h21

J'ai mon compte dans cette banque!!! Quand je pose qqes Euros, ils me demandent "d'ou ça vient!!!!???" Je comprends maintenant, c'est pas assez...

canari577
10/05/2013 à 06h51

l etat depense ,emprunte ,et nous on doit travailler our rembourser,Sinon il paye des interets et on devra rembourser !!l histoire est bete,,mais ne rit pas car c est toi qui paye !!

09/05/2013 à 22h00

Encore la BNP... Pour l'instant c'est la seule banque qui a autant de reproches.

09/05/2013 à 18h16 | 1

Quelle nouvelle ! Ça fait au moins 60 ans que ça existe et planquer son argent aux yeux du fisc est un sport national. Non pas que les gens refusent l'impôt mais quand on voit l'usage qui en est fait, autant le garder pour soi.

09/05/2013 à 11h06

Monaco s'est fait plomber ... Paradis fiscal au service des arnaques africaines ? Montebourg, à l’époque député, aurait-il eu raison ???

09/05/2013 à 10h30

La question est aussi de savoir comment autant d'argent en liquide allait être consommé... c'est un peu beaucoup pour faire son shopping !

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