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Il daigne soigner son addiction au cannabis et écope de prison ferme

Mis à jour le 04/06/2019 à 09:06 Publié le 04/06/2019 à 09:30
« Avec une telle quantité, il n’y en a pas pour les copains ? » a demandé le magistrat au prévenu consommateur.

« Avec une telle quantité, il n’y en a pas pour les copains ? » a demandé le magistrat au prévenu consommateur. (Illustration MM)

Il daigne soigner son addiction au cannabis et écope de prison ferme

Les dealers niçois ont-ils lancé une opération promotionnelle pour vendre à un prix avantageux leurs stocks de stupéfiants à Monaco ?

Les dealers niçois ont-ils lancé une opération promotionnelle pour vendre à un prix avantageux leurs stocks de stupéfiants ? L’interrogation est pertinente face aux importantes saisies de drogue effectuées ces derniers jours par la police monégasque. Comme en témoigne encore la comparution, à l’audience de flagrance de vendredi dernier, d’un ressortissant marocain de 21 ans.

Il détenait 11 grammes d’herbe et de résine de cannabis quand il a été interpellé sous les pins du chemin des Pêcheurs, samedi 25 mai, à 4 h 15. 193 grammes supplémentaires de chanvre indien étaient retrouvés le lendemain au cours d’une perquisition à son domicile. Soit un total de 204 grammes.

"Une forme de commerce clandestin et illégal"

Sur les faits, les policiers, alertés, contrôlent le trublion dans les environs du fort Antoine. C’est un célibataire, livreur de profession et défavorablement connu. Fouillé et trouvé en possession de shit, il est conduit à la Sûreté publique.

Outre l’importante quantité de kif entreposée dans son logement du boulevard de Belgique, les enquêteurs trouvent le matériel propice à un éventuel trafic : petits sachets, balance et l’équipement nécessaire au conditionnement. "Toute cette substance et les objets en votre possession démontrent une forme de commerce clandestin et illégal", prévient le président Florestan Bellinzona.

Le prévenu assure ne se livrer à aucune activité de revente :

- "C’est pour ma consommation personnelle. Le cannabis retrouvé dans mes poches ce matin-là était destiné à faire la fête.

- Mais vous en déteniez plus de 200 grammes, s’inquiète le magistrat.

- C’est pour me soigner. J’en ai assez de prendre des médicaments et de faire des stages au service psychiatrique de l’hôpital, assure le prévenu.

- Vous passez de quelque chose d’autorisé à l’interdit. Ce n’est pas la bonne solution. Et ces petits sachets sur vous ?, note le président.

- Cela me permet de me balader avec de l’herbe et de la résine pour ma consommation, prétend l’intéressé.

- Avec une telle quantité, il n’y en a pas pour les copains ? », insiste le magistrat.

"Vous allez vous retrouver à la rue"

Malgré la réponse négative, il oppose les sommes consacrées à l’achat de drogue par le toxicomane. « 300 euros par mois ! Or, vous avez très peu de revenus et vous n’arrivez pas à régler votre loyer. Vous allez vous retrouver à la rue ! Comment arrivez-vous à payer le cannabis ? »

La réponse est simple : "Avec mon allocation handicapée, avoue le détenu. Et j’ai retrouvé un travail depuis quelques semaines à Beausoleil…"

Pareil comportement inquiète tout autant le procureur Alexia Brianti. "Monsieur se moque de la police. Il ne prend pas conscience de son addiction. Comment peut-il être un simple consommateur avec tous les outils du revendeur et les allers-retours pour fournir des clients ? Il ment ! Jusqu’à cacher le code de son téléphone pour en éviter l’exploitation ! Ce tribunal lui a déjà donné une chance. Mais il préfère fumer au lieu de se concentrer sur sa vie. Il faut répondre à ses agissements par une condamnation ferme de six mois d’emprisonnement."

Difficile plaidoirie pour Me Thomas Brezzo qui veut sauver son client. "Ce n’est pas un dealer, Mais une personne fragile aux antécédents psychiatriques et des stages répétés au CHPG en 2014, 2015, 2016… Le cannabis n’arrange pas sa situation, car il n’a plus de seconde chance de travailler en Principauté. Vous allez le condamner malgré un doute sur la revente. Je sollicite la relaxe sur ce point du dossier, car il a encore la chance de résider à Monaco. Préférez le côté pédagogique, préventif : la possibilité d’un suivi thérapeutique, le contraindre à se soigner. Au-delà des reproches pensez à la clémence…"

L’avocat arrivera à réduire de moitié la peine requise par le ministère public. Soit une condamnation à trois mois ferme prononcée par le tribunal.


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