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L'ancien pilote de course avait percuté un piéton à Monaco avant de poursuivre sa route... sans se soucier de la victime

Mis à jour le 13/06/2019 à 09:37 Publié le 13/06/2019 à 07:42
Le lieu de l'accident

Le lieu de l'accident Capture d'écran Google

L'ancien pilote de course avait percuté un piéton à Monaco avant de poursuivre sa route... sans se soucier de la victime

Un retraité britannique, demeurant en Principauté de Monaco, avait l’air de se demander pour quelle bonne raison il comparaissait devant le tribunal correctionnel. Pourtant, la justice lui reproche des blessures involontaires et un délit de fuite.

Le 6 janvier dernier, à 18 h 32, sur l’échangeur Sainte-Dévote, le septuagénaire percute la portière d’une voiture mal garée au niveau de la boutique "A Roca". C’est l’instant où le propriétaire de ce véhicule entre dans l’habitacle. Le choc lui occasionne de vives douleurs et il constate, impuissant, l’inconscience du chauffard: il poursuit sa route sans se soucier de l’état de la victime.

Le prévenu: "Je n’ai senti aucun choc"

Après les premiers soins reçus au service des urgences du CHPG, le plaignant va raconter sa mésaventure à la Sûreté publique. Les paramètres fournis par le conducteur blessé permettent d’exploiter une séquence précise de la vidéosurveillance. Très vite, les enquêteurs identifient l’automobiliste responsable par la lecture de la plaque minéralogique monégasque. Résidant dans le quartier du Jardin exotique, le retraité est convoqué par téléphone et arrive dans l’heure à la Sûreté publique. Il est un peu éméché…

"Son alcoolisation n’est pas retenue, car elle n’a pas été vérifiée pendant l’instant de conduite, souligne d’emblée le président Florestan Bellinzona. On relèvera toutefois des traces d’éraflures sur son véhicule."

À la barre, le prévenu est incapable de fournir la moindre description et il n’a pas remarqué la présence d’une personne. "Je n’ai senti aucun choc", rapporte-t-il. En revanche, le plaignant rend compte des faits avec moult détails.

La victime: "Cet homme ment"

"Si je n’avais pas eu la portière pour me protéger, cet automobiliste m’aurait blessé au bassin et aux jambes. Son rétroviseur était tombé à terre. Avec tous les témoins présents, c’est choquant de fuir la vérité. Cet homme ment et raconte n’importe quoi…"

Le magistrat insiste: "En tant que partie civile, où vous appuyez l’action publique ou vous demandez des dommages et intérêts. Vous avez eu deux jours d’ITT." Aucune réclamation…

La longueur de l’instruction et des débats pour une infraction simple est mise en exergue par le procureur Alexia Brianti. "Soit le prévenu est incapable de conduire, soit il est de mauvaise foi. Heureusement que la victime a eu le réflexe de se prémunir, avec tout de même des problèmes au niveau de la cage thoracique. Le comportement du conducteur est anormal. Avec le choc entre rétroviseurs, il aurait dû s’arrêter et faire un constat."

Un ancien pilote de course

Il est requis une amende de 1.000 € pour un dossier dont la coloration apparaît plus encore désagréable avec l’alcool. La mention irrite la défense.

"Relaxez mon client, clame d’emblée Me Jean-Charles Gardetto. Depuis cinquante ans, cet ancien pilote de course n’a jamais eu d’ennuis routiers. Il prend un verre avec un ami quand la police l’appelle pour sa responsabilité dans l’accident… La vidéo ne montre aucun choc. Les témoins de la victime confirment l’absence de tout événement imprévu. Alors, les dommages sur le véhicule de la victime ont-ils été causés par mon client ? Relativisez les déclarations du plaignant faites à la police. La constatation médicale n’est qu’une reprise de ses propos. Quant au délit de fuite, le prévenu n’a pas eu conscience d’être responsable d’un choc. Comme il n’y a pas eu d’infraction, la constitution de partie civile est irrecevable…"

Finalement, le tribunal fera grimper la somme à 3.000 € pour le délit, plus 200 € pour la contravention connexe.


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