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« Être clown, c'est une manière de voir la v - 30136255.jpg
David Larible, sous le chapiteau de l'espace Fontvieille, où se joue le Circus Dinner Show, tous les soirs jusqu'au 23 août.N.H.-F.
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Il est considéré comme l’un des meilleurs clowns au monde. Et il est à l’affiche du Circus Dinner Show. Entre deux représentations, David Larible revient sur sa carrière, et son rôle de clown

Les clowns portent aussi des chemisettes. Et des jeans. Et des mocassins. Et des lunettes de soleil. Même quand ils ont gagné un Clown d'or au Festival International du Cirque de Monte-Carlo de Monaco, "l'Oscar du cirque", et qu'ils sont considérés comme faisant partie des meilleurs du genre.

C'est une partie du C.V. de David Larible, à l'affiche du Circus Dinner Show, jusqu'au 23 août sous le chapiteau de l'espace Fontvieille. Qui reçoit donc sans nez rouge ni chaussures trop grandes.

Pas très grave: son rôle ne tient pas dans un costume. "Un clown ne dit pas: ce soir, je vais jouer le rôle d'un clown. Il est clown. On ne joue pas".

C'est dit d'une voix douce, dans un bon français, seulement teinté d'un peu d'accent italien et de quelques anglicismes. Et cela illustre sa vision du métier, qu'il décrit dans le bureau d'Urs Pilz, le président de Monte-Carlo Festivals, vice-président du Festival international de cirque de Monte-Carlo.

>>RELIRE.

Vous êtes à l'affiche du Circus Dinner Show. Des soirées un peu particulières, puisque le public observe le spectacle en dînant… Qu'avez-vous dû changer, pour cette configuration ?

Le timing. Je suis habitué à travailler devant 2, 3 000 personnes, et ce n'est pas pareil quand tu joues devant 150. Je ne sais pas si c'est plus dur ou plus facile. C'est une autre approche. De toute façon, chaque spectacle a une ambiance. Tu dois voir la clé de lecture. Tu dois être capable de changer ta manière de te présenter.

Vous jouez à Monaco, un endroit assez spécial pour vous…

Ma carrière est née ici, avec le clown d'argent, en 1988. Quand je suis venu, j'étais un clown inconnu. C'était une surprise. Une révélation. Je dois ma carrière à Monaco et au prince Rainier III (N.D.L.R. : le créateur du Festival International du Cirque de Monte-Carlo). Un jour, je donnais des coups de fil pour chercher du travail. L'autre, des gens m'appelaient.

Onze ans plus tard, vous obtenez le Clown d'or. Le sommet de votre carrière. Mais avant, comment devient-on clown ?

On dit que ce n'est pas l'homme qui choisit d'être clown, mais que c'est le clown qui choisit l'homme. Ce n'est pas un boulot. C'est une manière de vivre et de voir la vie. Si tu vois une maison, tu te demandes combien elle coûte. Un avocat va penser à un procès. Et le clown se dit : quel gag je peux faire ?

Et vous, comment le clown vous a-t-il choisi ?

J'ai eu la chance d'être un enfant de la balle. Je suis de la septième génération de gens de cirque. Je me rappelle que même si je jouais autour du chapiteau au football, quand j'entendais la musique, je courais voir le numéro. J'étais fasciné par le pouvoir qu'ils avaient d'amener du bonheur. J'ai toujours voulu faire ça.

Amener du bonheur, c'est votre objectif ?

Oui. Je veux que les gens rigolent. Si je te raconte une blague vulgaire, tu vas rire, mais après, tu ne vas pas bien te sentir d'avoir ri pour ça. Je ne veux pas de ça. Je veux faire rire les gens du cœur. Quand les gens font ça (N.D.L.R. : il bouge le torse d'avant en arrière).

Vous dites que "travailler avec le public est la partie la plus importante de ce que je fais"

Je cherche à couper les barrières entre les spectateurs et la scène. Aujourd'hui, les gens ne veulent plus voir passivement un spectacle. Ils veulent être actifs. Quand je fais monter cinq ou six personnes sur scène, c'est comme si je ramenais tout le monde.

Au Circus Dinner Show, le public monte sur scène sans stress apparent…

Je ne veux jamais humilier, mais toujours avoir du respect. On s'amuse ensemble. Mon clown est un personnage très doux. Les gens viennent volontiers. Avec moi, ils savent que je ne vais pas leur baisser le pantalon.

 

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