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Publié le  - 21
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on se bouge médiateurs sociaux
Mathieu Py
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A Nice, de Trachel à Nice-Nord, Bérangère, Djibril, Youssri et Issam sont au contact des jeunes. Depuis les attentats de Paris, ils démontent la propagande de Daesh, avec l’arme des mots. Ils racontent leur quotidien, et invitent à une mobilisation de chacun.

Des ados choqués, perdus, manipulés par les rumeurs qui circulent sur Internet. Depuis les attentats de Paris, Djibril et Youssri, médiateurs scolaires devant deux collèges de Nice-Nord ont désamorcé des “bombes” d'ignorance. De celles qui pourraient exploser à retardement. Alors ils ont déminé, avec leurs mots à eux. Simples. Ceux qui riment avec humanité. Ils ont parlé avec leur coeur. 

Djibril et Youssri, médiateurs scolaires à Nice-Nord (Photo Mathieu Py)

Comme quand, ce mardi matin, une collégienne de 13 ans lâche: “Les journalistes ont inventé que des Arabes sont responsables des attentats, c'est pas vrai”. Alors, Djibril, 22 ans, Niçois de confession musulmane, explique: les faits, les attentats, la mort, l’enquête policière, les contrôles. “La collégienne est devenue curieuse, alors j’ai poursuivi: "ceux qui ont commis des attentats, utilisent la religion comme un alibi. Ils veulent qu’on se divise. Il ne faut pas tomber dans ce piège". Puis je lui ai dit de ne pas rester avec des questions sans réponses.”

Lundi soir, au foyer de l’Espace Jeune de La Semeuse, dans le Vieux-Nice, le terrain, là aussi, est explosif. Les ados chauffés à blanc par les rumeurs les plus délirantes circulant sur les réseaux sociaux.

"A Nice, il y a urgence"

"Ils croient à la théorie du complot. Mettent en cause la réalité même des attaques de Paris", note Issam, 27 ans, animateur des ados. "Ces rumeurs prennent auprès de ces jeunes parce qu’ils sont musulmans, alors comme ces attentats sont soi-disant commis au nom de l’Islam, ils se sentent perdus, obligés de choisir un camp. La France démocratique et laïque ou leur religion.

Comment Issam a-t-il “déconstruit” l’intox, nourrie par ces longues heures passées par les jeunes sur leurs écrans? “J’ai rappelé que l’Islam est une religion de paix. Alors, les Djihadistes qui tuent au nom de l’Islam, leur mentent et les arnaquent. Et puis surtout, ils n’ont pas à choisir, la laïcité n’interdit pas la pratique religieuse. Mais, à Nice, 5e ville de France, il y a quand même urgence à construire un lieu de culte, parce qu'aujourd’hui, les musulmans prient dans des caves, des garages. C'est pas bon. Il faudrait une mosquée avec un imam surveillé par l’Etat.

Issam et Bérangère sont en charge des ados, ici au centre social La Ruche, rue Trachel à Nice (Photo Mathieu Py)

Bérangère, elle, a renforcé sa vigilance sur les réseaux sociaux. "Sur Facebook, une vidéo circule. Elle date de 2001 et vient de ressortir, c’est effrayant, on y voit des Djihadistes qui diffusent leur message de haine, disent “ils faut tuer les mécréants””. L'animatrice, en charge des ados au centre social La Ruche, rue Trachel, est plus que jamais en alerte. Elle a aussi prévu un débat avec les jeunes. Pour libérer la parole. Les mettre en garde contre la propagande.

Au lendemain des attentats de Paris, Bérangère, Djibril, Youssri et Issam savent qu’ils vont devoir, plus que jamais, “ne rien laisser passer”. Mais les concepts sont abstraits, la situation syrienne complexe… “On y arrivera si tout le monde se mobilise. La lutte contre la radicalisation c'est l'affaire de tous”, résume Djibril.

Se mobiliser, mais comment ? Voilà ce qu’ils proposent.

1. Organiser des temps de paroles dans les collèges 

Quand ? Le plus vite possible”.

Avec qui ? Les médiateurs proposent d’intervenir au côté de “spécialistes”.

“On intervient à l’extérieur des collèges. Les jeunes nous connaissent, on a un rapport de confiance avec eux. Alors, ce serait bien qu’on puisse participer à des temps de parole dans les établissements scolaires. Pas tout seuls, face aux ados et aux parents, mais, avec des psychologues, des professeurs de géographie, de géopolitique…Car plus que jamais, il faut répondre aux questions posées. On doit expliquer la guerre, pour ne pas s’entendre dire “la France bombarde la Syrie, alors c’est normal qu’ils bombardent la France”. Expliquer ce qui se passe, le terrorisme, le fanatisme…”

 

2. Participer à des rassemblements d'unité 

Issam, responsable "ados" à l'Espace Jeunes de la Semeuse. (Photo Mathieu Py)

Il faut que les musulmans azuréens participent aux manifestations, estime Issam. Qu’ils aillent dans la rue pour montrer qu’ils ne cautionnent pas le terrorisme, qu’ils sont solidaires. Certains ont peur d’être pris à partie, mais c’est un moment important.

A Nice, ce dimanche 22 novembre, un appel au rassemblement est lancé par l’association “Tous unis vers”. A 14 heures, place Garibaldi.

3. Médiatiser le vivre-ensemble, les belles actions

Bérangère interpelle les médias. “A la télé, ce serait bien de montrer les belles initiatives. Elles existent. Il faut médiatiser le vivre ensemble.” 

Bérangère, responsable "ados" au centre social La Ruche, rue Trachel à Nice

Comme la manifestation de dimanche, à 15 heures, place Masséna à Nice. Son association "O Arts urbains" proposera un break. Du hip-hop pour rassembler. Youssri sera là lui aussi, avec ses amis de "Young Dream", une association de danse afro caribéenne.

Ils danseront pour la paix. Et invitent les Niçois et les Azuréens à se joindre à eux.

4. Utiliser les réseaux sociaux

Les terroristes déversent leur propagande sur les réseaux sociaux. C'est l'autre arme fatale de Daesh. "Ils jouent sur l'attirance des ados pour la violence. Ils savent qu'avec des mots clés comme mort, attentat, ils les captent. Après ils exercent leur emprise sur les plus fragiles, les endoctrinent. Et recrutent."

Alors, Bérangère suggère que le plus grand nombre s’empare de Facebook, Twitter pour diffuser des messages de paix. Se mettre en travers du chemin de haine et de mort. Celui de la radicalisation.


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Vos derniers commentaires
25/11/2015 à 11h43

La 1ère des choses à faire c'est de les dénoncer aux services compétents. Car,sauf erreur de ma part ils ne le sont pas et je doute de leur légitimité, même si la volonté est la. On a plus le temps de discuter.

25/11/2015 à 11h43

La 1ère des choses à faire c'est de les dénoncer aux services compétents. Car,sauf erreur de ma part ils ne le sont pas et je doute de leur légitimité, même si la volonté est la. On a plus le temps de discuter.

25/11/2015 à 11h42

La 1ère des choses à faire c'est de les dénoncer aux services compétents. Car,sauf erreur de ma part ils ne le sont pas et je doute de leur légitimité, même si la volonté est la. On a plus le temps de discuter.

23/11/2015 à 07h12

@JHiromi : ça n'a rien de raciste de dire que ces ados sont désespérant de bêtise, c'est un fait. Mais comme vous dites bravo à ces médiateurs, faut être sacrément patient à mon avis pour supporter tout ça.

23/11/2015 à 03h40

Les commentaires sont tout aussi ridicules qu'inquiétants pour mon pays. Superbe initiative des médiateurs qui réalisent un travail nécessaire sur le terrain. C'est grâce à eux que les choses bougent vraiment, pas grâce aux commentaires obscurantistes et racistes que je vois ici.

23/11/2015 à 02h32 | 2

ceux là meme qui insultent les gens quand on bouffe pas halal

22/11/2015 à 20h42

bla bla bla bastaaaaaa

22/11/2015 à 19h54 | 3

Pays des bisounours ??....

22/11/2015 à 19h16

C'est avant qu'il fallait le faire. Le dialogue, c'est fini. Maintenant,on va passer au plan B.

22/11/2015 à 18h42

Très bonne initiative.

22/11/2015 à 18h31 | 5

Du blabla et des subventions par milliers d euros aux assoc pour rien

22/11/2015 à 18h20

Des mots contre des balles

22/11/2015 à 18h07

on sent déjà le changement. ... bientôt ils vont sortir les drapeaux blancs et ensuite ils vont nous balader un ave maria

22/11/2015 à 17h43

SI c est comme les grands frêres on est mal

22/11/2015 à 17h36

blabla car

22/11/2015 à 17h06

Du vent.....on nous mène en bateau

22/11/2015 à 17h04

on réagit avec des paroles alors qu'eux agissent avec des armes ! ! ! est ce raisonnable ? ?

22/11/2015 à 16h43 | 1

On a assez parlé, ma solution, les foutre au trou et point barre

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