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La découverte de chercheurs niçois ouvre la voie à des essais cliniques contre certains lymphomes

Mis à jour le 14/04/2019 à 12:35 Publié le 14/04/2019 à 12:35
Jean-Ehrland Ricci et Johanna Chiche ont identifié un facteur unique capable de prédire la réponse des patients au traitement.

Jean-Ehrland Ricci et Johanna Chiche ont identifié un facteur unique capable de prédire la réponse des patients au traitement. Photo N. C.

La découverte de chercheurs niçois ouvre la voie à des essais cliniques contre certains lymphomes

Les découvertes de chercheurs niçois spécialistes du métabolisme cellulaire ont ouvert la voie à des essais cliniques contre certains lymphomes.

Le métabolisme des cellules tumorales est différent de celui des cellules saines. Un fait établi il y a plus de 100 ans déjà, et qui a conduit de nombreux chercheurs à essayer de cibler cette singularité des tumeurs.

Parmi eux, Jean-Ehrland Ricci et Johanna Chiche, respectivement directeur et chargée de recherches INSERM au C3M à Nice.

Pour faire avancer la recherche dans ce domaine, ces spécialistes du métabolisme se sont concentrés sur une pathologie particulière, le lymphome B diffus à grandes cellules (LBDGC). "Outre le fait que c’est le lymphome non hodgkinien le plus fréquent, il s’agit d’une tumeur agressive et particulièrement dérégulée au niveau du métabolisme", justifient-ils.

Si 60 à 70% des patients répondent efficacement au traitement conventionnel (nommé R-CHOP), qui associe une immunothérapie et une chimiothérapie, 30% à 40% sont en échec thérapeutique (d’emblée ou victimes de rechute).

Qu’est ce qui distingue ces patients des autres? Les chercheurs niçois ont fait le pari qu’en plongeant dans les méandres du métabolisme tumoral, ils allaient peut-être trouver des éléments de réponse.

"Nous avons réalisé des analyses bio-informatiques sur une cohorte de 230 patients. Parmi les différences observées entre répondeurs et non répondeurs au R-CHOP, il n’y avait qu’une enzyme impliquée dans le métabolisme du sucre, la GAPDH."

Riches de cette observation, les scientifiques vont aller plus loin en mesurant le niveau de cette enzyme dès le diagnostic de la maladie(1). "Plus il est bas, moins les chances de réponses au traitement R-CHOP sont élevées."

Une découverte importante, qui a fait l’objet de trois brevets. "GAPDH est le premier marqueur prédictif de la réponse au R-CHOP jamais décrit." Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Au cours de leurs travaux(2), les chercheurs avaient noté un "détail" de taille. "Lorsque les niveaux de GAPDH sont faibles, les cellules tumorales utilisent, pour produire l’énergie nécessaire à leur survie, une autre voie que la glycolyse (dégradation du sucre, Ndlr): la voie mitochondriale."

Sachant que des médicaments capables de bloquer cette voie sont déjà sur le marché, les chercheurs ont aussitôt envisagé l’intérêt thérapeutique de cette découverte pour les patients non répondeurs au R-CHOP.

"Avec leur accord, quatre malades suivis par le Pr. Thieblemont à l’hôpital Saint-Louis et pour lesquels plus aucune option thérapeutique ne pouvait être envisagée, ont testé ces inhibiteurs métaboliques ciblant les mitochondries. Trois d’entre eux ont parfaitement répondu."

Le souvenir de l’un de ces malades en particulier, un homme de 36 ans, émeut encore les scientifiques: alors qu’il ne lui restait que quelques jours à vivre, il a vécu six mois supplémentaires, et surtout en pleine forme, avant que la maladie ne reprenne le dessus.

Une victoire en demi-teinte, mais des espoirs solides. "Les cellules tumorales échappent, parce qu’elles s’adaptent rapidement aux traitements qu’on leur inflige. Si on veut cibler leur métabolisme pour les éliminer, il est probable que nous devrons essayer d’atteindre plusieurs voies de façon séquentielle", concluent les chercheurs.

Plutôt qu’une conclusion, un temps d’arrêt pour mieux repartir à l’assaut d’une maladie qu’ils n’ont pas fini de combattre.


1. Recherches menées en collaboration avec les services d’onco-hématologie du CHU de Nice, du Centre Antoine Lacassagne, de l’hôpital Saint-Louis à Paris et du Centre hospitalier Princesse-Grace de Monaco.

2. Ces recherches ont bénéficié d’un financement important de la Fondation Arc-Recherche Clinique.


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