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Voici le premier bateau 100% électrique conçu à Monaco

Mis à jour le 27/04/2019 à 21:10 Publié le 27/04/2019 à 21:10
Ce bateau électrique est composé de matériaux aussi propres que possible.

Ce bateau électrique est composé de matériaux aussi propres que possible. Photo Jean-François Ottonello

Voici le premier bateau 100% électrique conçu à Monaco

Une entreprise hébergée par Monacotech a présenté, ce vendredi, au Yacht-club, son tout premier bateau électrique. Un véhicule voulu aussi propre que possible et inauguré par le prince Albert II.

La fée électricité et ses copines renouvelables semblent s’être penchées sur le berceau de François Richard.

Ce jeune Breton, à la tête de la société Lanéva, a longtemps travaillé dans les énergies propres. Son ADN armoricain et celui de ses collaborateurs, Maxime Pachot et Marc Ronet, a fait le reste. Lanéva, c’est leur bébé.

Un nom choisi en référence à l’histoire: "L’idée du bateau électrique n’est pas neuve. C’est en 1938 que des batteries ont été mises sur un bateau pour la première fois, et c’était sur la rivière Néva. C’est pour cela que nous avons choisi ce nom. Nous voulions faire un trait d’union entre ces hommes fous, et ce que l’on fait nous aujourd’hui", déclare Maxime Pachot à l’assemblée venue assister à l’inauguration.

C’est du propre

Et d’expliquer les spécificités de leur bijou: toile de lin, liège et résine époxy biosourcée en remplacement du plastique, inox travaillé localement, peinture à l’eau, et bois issu de la sylviculture raisonnée.

"Nous n’avons pas voulu utiliser de bois asiatique et africain, parce qu’il y a toujours un moment où la traçabilité devient difficile. Alors nous avons pris du bouleau de Finlande", explique Maxime Pachot. Un bois découpé au laser pour éviter au maximum l’usage de produits chimiques : « Plus vous ajustez précisément les pièces de bois, moins il y a besoin de colle."

La raison? C’est François Richard qui l’explique: "Faire un bateau propre, ce n’était pas seulement travailler la propulsion, c’était aussi s’attaquer aux autres matériaux."

 
C’est que ces marins bretons sont un peu jusqu’au-boutistes.

Ce projet ambitieux a débuté là-bas, dans leurs terres d’Armorique. Les compères fréquentaient Monaco, entre autres pour le salon Ever où leur bateau sera bientôt présenté.

Et puis un autre élément est intervenu: "Cela fait trois ans que nous sommes sur ce projet. Nous sommes arrivés à Monaco il y a un an et demi, et tout s’est accéléré avec Monacotech."

 Ils postulent à l’incubateur de startups, ils sont pris. Et tout a pris une ampleur différente.

Dans leur recherche d’un chantier pour réaliser ce bateau, ils démarchent les artisans qui travaillent sur les Riva dont la structure est aussi en bois.

Problème: ils ont tous un carnet de commandes archi complet. C’est sur les rives du lac de Côme qu’ils trouveront la perle rare (lire par ailleurs).

"Un bateau haut de gamme"

La toile de lin et le liège, alliés à la résine époxy biosourcée, remplacent le plastique.
La toile de lin et le liège, alliés à la résine époxy biosourcée, remplacent le plastique. Photo Jean-François Ottonello

Six mois plus tard, le bateau est là, sur sa remorque garée sur l’esplanade devant le Yacht-club. Une présentation originale qui permet de bien voir les dimensions de l’engin: 7,9 m sur 2,5m. Propulsé par deux moteurs de 40 kilowatts chacun, pour une vitesse de pointe pouvant atteindre 25 nœuds.

Du côté de l’autonomie, comptez deux heures d’autonomie à une vitesse de 18 nœuds.

"Aujourd’hui, on rentre en phase de commercialisation. On souhaite offrir la possibilité de le personnaliser au maximum. Il faudra compter entre 6 et 10 mois de fabrication, suivant le niveau de personnalisation", détaille François Richard.

La propulsion est totalement électrique.
La propulsion est totalement électrique. Jean-François Ottonello

Sur le tableau de bord, l’électronique embarquée à la part belle: "La propulsion électrique permet de récupérer plein de données qu’on peut intégrer à un système de navigation. Dans un second temps on pourra rajouter des outils intelligents de docking avec des capteurs, avec un drone… On y travaille".

De quoi en faire un jouet ultra-connecté, utilisable en plaisance sur les lacs, ou en bord de mer, ou encore en tender de super yacht. Mais attention, c’est un jouet très haut de gamme: "Il faut compter entre 400.000 et 500.000 euros. Cela en fait un bateau haut de gamme. Et c’est volontaire."

Le souverain a inauguré le bateau de Maxime Pachot et François Richard.
Le souverain a inauguré le bateau de Maxime Pachot et François Richard. Photo Jean-François Ottonello

François Richard, dirigeant de Lanéva ne s’en cache pas! "On est à Monacotech pour se pérenniser. On a une structure monégasque pour développer l’entreprise. On a clairement vocation à rester."

Pourtant, à première vue, on aurait pu penser que Monacotech accoucherait plutôt de boîtes d’informatiques réalisant des applications étonnantes pour les smartphones.

Mais Fabrice Marquet voit plus loin: "Avec Lanéva, on est sur un projet industriel important. Nous, nous cherchons des gens qui innovent à tous les niveaux. Nous ne sommes pas sectaires. Nous souhaitons des activités qu’on peut pérenniser à Monaco, pour y créer de la valeur."

Il poursuit: "Nous nous sommes rendu compte que des projets industriels ça peut avoir un sens. Construire de la propriété intellectuelle à Monaco, ça a du sens: ça ne prend pas de place et ça rapporte de l’argent. La plupart des projets ne seront pas manufacturés à Monaco, nous en sommes conscients, mais si la propriété intellectuelle reste à Monaco, ça nous va. Nous-mêmes, nous sommes une start-up. Nous testons encore un peu le marché, mais effectivement, nous nous inscrivons dans cet élan de réflexion sur l’avenir de l’industrie et des services de Monaco."

À l’heure où les usines historiques de la Principauté ferment leurs portes, c’est une industrie dématérialisée qui semble se profiler.


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